Artiste et Amour ?

Publié le par Claire de Lune


artiste1.gifLe hasard, c'est quoi le hasard ? Si vous avez lu “la Prophétie des Andes”, le sujet mérite d'être approfondi.

Mais venons-en au fait :

Récemment j'ai mis la main sur un livre “rescapé du déménagement”. Pourquoi celui-ci alors que j'en ai laissé tellement d'autres pour manque de place dans mon appartement.

C'est un vieux livre tout jauni, les pages n'étaient même pas coupées, donc il n'a jamais été lu. Je l'avais très certainement acheté chez un bouquiniste du Village des Livres : Fontenoy-la-Joute (dans les Vosges du côté de Baccarat). C'est son titre qui a dû m'inspirer : “Les ailes du bonheur”.
Celà fait un petit moment que je l'ai commencé et hier soir, j'ai entamé la deuxième partie : “L'AMOUR”, très interessant d'ailleurs. Peut être, si j'en ai le courage, je vous recopierai l'essentiel et laisserai à Son'di le soin de l'analyser si elle le veut bien.

Donc revenons-en à ma lecture ! Quelle ne fut pas ma surprise, toujours dans le chapitre de l'amour, en tombant sur ce paragraphe que je recopie ici :

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“Pour la bonne marche de l'humanité, étant donné la mentalité actuelle, l'équilibre est déjà fort bien, car deux points extrêmes, même le meilleur a aussi son désagrément .

Prenons un homme chez qui le sentiment domine : un artiste, par exemple; sa vie n'est pas sans tempête de coeur, surtout s'il manque de sagesse et de maîtrise, et précisément, parce qu'il est doué de plus de sentiment, il sèmera davantage la douleur dans son foyer si, marié, il s'éprend d'une autre femme; la sienne alors, passe au second plan, quand elle ne devient pas l'ennemie franchement gênante, pour réaliser son désir le plus vif qui est de vivre en commun avec celle qui l'émeut présentement. Il s'attache alors, et d'une liaison passagère, d'une simple passionnette comme celà serait pour le sensuel toujours assoiffé de changement, il arrive à se lier tant et si bien qu'il ne regarde plus rien, oublie les années de tendresse que sa femme légitime lui a consacrées, la douceur du nid conjugal où grandit l'enfant qu'il aime pourtant, et voilà que cet homme, généralement maître de lui, rempli de délicatesse autrefois, il ne reste qu'un être capable de toute espèce d'abandon pour suivre le mirage que son coeur embellit au-delà de toute expression.
Le sensuel, inférieur comme développement mental, aime la “femme” uniquement pour le sexe différent du sien, sans être capable de s'attacher fortement à une seule, ou si celà se produit, c'est la sienne qui a cet éveil dans les sentiments, sans préjudice de l'adultère moral qu'il commet, maintes fois par jour, par ses convoitises.
Son ménage n'aura qu'à souffrir faiblement des désirs incessants dont il soufflette chaque femme au passage; il se détourne peu ou pas de son chemin, et si les bonnes fortunes l'en éloignent, ce n'est que pour bien peu de temps.
Il n'y a donc pas à se réjouir ou à se lamenter d'avoir pour époux l'une de ces variantes dans la manière d'aimer, parce que si l'un est capable de créer des peines extrêmement douloureuses, par l'abandon, l'autre, pendant toute sa vie, blesse sa compagne par des coups d'épingle dans sa dignité.”

 


Et voilà le mystère, je reconnais mon artiste dans ces écrits. Quelque part ça me rassure !
Dois-je me dire : “C'était écrit” ?

Voilà ma lecture de hier soir avant de m'endormir !

Celà ne ressemble nullement à une berceuse et le sommeil ne vint pas.

Bien au contraire, le petit vélo s'est remis en route à rebrousse-temps .....

Les images défilèrent devant mes yeux :

 

  • Printemps 1970,  mariés depuis 6 ou 7 mois, naissance de notre aîné prévue pour aout ....

L'image d'Evelyne me revint à l'esprit : jolie blonde, pétillante, les cheveux remontés en arrière en chignon bouclé, des boucles sauvages dégringolaient sur son front ... Une vraie poupée cette fille. Il y a des visages qu'on ne peut pas oublier.

Et moi, enceinte jusqu'aux oreilles. A l'époque la femme enceinte n'était pas vénérée comme elle l'est maintenant, il fallait cacher le plus possible... C'est la première fois où j'ai pleuré. Evelyne se fit plus discrète et peu de temps après, nous avons avons déménagé.
Après il y en a eu beaucoup d'autres et chacune a son histoire ....

Dans toute ma naïveté, je n'ai rien vu, je ne voulais rien voir mais tout simplement : “j'avais confiance, une confiance absolue ...”

Lui et moi, c'était une histoire bancale. J'étais attirée par un extrême et c'est vrai que nous avons vécu des moments fantastiques ensemble (environ 1 an 1/2) après il fallu assumer la petite famille et ça c'était un autre problème.
Moi qui rêvait de m'abriter sous un grand chêne, je me suis adossée à un roseau et par la force des choses je suis moi même devenue le grand chêne.
Et si j'ai tenu à couper les ponts avec lui après le divorce, c'est justement parce que je n'ai plus de place à l'ombre.

Curieux quand même ce portrait de l'Artiste ! Je ne pense quand même pas qu'ils sont tous ainsi.

J'aimerais bien avoir des avis.

 

Ah au fait, précision importante, ce livre date de 1933.
ELLECRAM vous connaissez ?
Henri-Durville – Imprimeur - Editeurartiste2.gif

Publié dans au fil de mes lectures

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VIESECRETE 13/02/2008 14:33

Très drôle et mon Autre est un artiste !!! Mince alors, moi qui croyais que tous les hommes ne pensaient qu'au sexe !!! (je rigole!!!) Bises à toi

Claire de Lune 12/02/2008 13:21

Curieusement sous un prétexte futile, mon artiste sentimental vient encore de m'écrire ce matin. Il précise que c'est dommage que je ne donne plus de nouvelles !!!
Comme le chante si bien Gabin : "je sais que je ne saurai jamais)

Son'di 12/02/2008 11:55

C'est drôle, ta précision de la fin (l'année d'édition) m'a rassurée, car il y a un léger parfum ringard dans le texte.
De plus, la description de l'artiste me semble un peu réductrice : les artistes ont surtout une sensibilité plus exarcerbée plutôt qu'une capacité sentimentale, à mon point de vue ; de plus ils sont souvent assez égocentriques. Mais, toutes les nuances existent c'est vrai.
Quant au sensuel... mmmm... je suis sûre qu'il en existe des fidèles. Faut pas exagérer quand même !
Malgré tout, cette analyse, bien que réductrice, reste intéressante, surtout quand on s'y retrouve soi-même !
Si toi tu as épousé l'artiste, moi j'ai pris le sensuel (enfin, pas tant que ça). Mais dans les grandes lignes on pourrait le résumer ainsi ! Ton artiste sentimental t'a rendue malheureuse, mon "sensuel" cavaleur m'a plusieurs fois blessée... Au bout du compte, difficile de dire ce qui est le mieux, comme le déclare l'auteur ! En tout cas, il n'a pas un instant envisagé la possibilité que la femme abandonne son mari ou le trompe à son tour ! Les temps ont changé mon bon monsieur !

PS : n'hésite pas à me donner tes mots ;)

pixel 11/02/2008 01:22

curieux, oui,et qu'il n'ait pas donné d'exemple pour le sensuel inférieur. Un chirurgien?

Claire de Lune 10/02/2008 19:49

Pour Symphonie :
moi ce que je retiens dans ce texte, c'est l'homme qui ne peut exister sans la cour des femmes ce qui était tout à fait le cas de "ex". M'a-t-il réellement trompé ? Je n'en suis pas sûre. Il m'a d'ailleurs juré que non ! (du moins avant Pouffie du Net) !!!