Lundi 29 décembre 2008
Ces dernières semaine j'ai eu l'occasion de fréquenter pratiquement au quotidien l'hopital qui est deux pas chez moi.
Un hopital moderne, bien situé, au calme ....
En arrivant ici en 2005, je me suis dit que c'était rassurant, s'il devait m'arriver quelque chose je suis vraiment tout près. Mais bon cela ne veut rien dire du tout, ce n'est pas la proximité qui compte hélas.
Elle a 80 ans, quelques soucis de santé, notamment cardiaque. Elle fait des malaises régulièrement.
Quand on arrive en urgence, il est impossible d'avoir une chambre pour soi. On est forcément à deux.
Sa voisine était une jolie Marocaine de 38 ans, gentille et très bavarde.
Elle m'a raconté qu'elle est mariée depuis 16 ans et était en France depuis.
Elle a précisé qu'elle a adopté notre mode vie et qu'elle mangeait aussi du porc.
Seulement voilà, ça ne va pas du tout chez elle, elle veut divorcer !
Son mari la trompe, il a une maitresse et cette maîtresse c'est sa cousine à elle qui a 31 ans.
Elle était surprise mais bon après tout ....
Seulement après une semaine le mari et la voiture on disparu et, en plus, il avait emporté son passe-port à elle.
C'est là qu'elle a dit : "me voilà bien dans la M...."
Parallèlement elle a appris qu'il était rentré en France avec la jolie cousine.
Paniquée, elle a téléphoné au Colonel de leurs amis (son mari est retraité de l'armée) qui lui a proposé de lui envoyer de l'argent pour le retour. Et voilà que le lendemain arrive un paquet en "Colissimo" en provenance d'Espagne : son passe-port !
A trois reprises je lui ai posé la question. Mais oui il a bien 84 ans !!!
Sacré coq n'est-ce pas ? Le Viagra fait bien des miracles !
Elle me répond : "mais je l'aimais" !
Le lendemain, j'ai eu l'occasion de l'apercevoir, il est plutôt bien conservé et je ne lui aurais pas donné cet âge.
La suite je ne la connais pas, elle est partie en maison de repos du jour au lendemain.
Mais venons-en au principal sujet que je voulais aborder.
Tous les jours je me dis : pourvu que je n'ai jamais à aller dans un hopital.
Revenons-en à ma parente : les médecins ont jugé qu'il n'était pas possible d'opérer (peut être plus rentable à cet âge ???). On lui a donc mis un énorme bandage, genre corset, qui lui bloquait tout le côté droit. A partir de là, pas beaucoup de mouvements possible.
A la fin de la première semaine elle me dit :
- "tu t'imagines, on m'a fait ma toilette une seule fois cette semaine" !!!
- Pardon ?
- Oui oui c'est bien ça
Je n'en croyais pas mes oreilles.
A L'aide de coton et d'eau de cologne, je l'ai un peu rafraîchie et je vous assure qu'on sentait l'odeur de transpiration de loin. Le lendemain je lui ai apporté des lingettes afin qu'elle puisse se rafraîchir un peu.
Finalement la toilette a encore une fois était faite à la fin de la deuxième semaine par une aide-soignante.
Un enfant qui décède suite à une mauvaise injection, un homme qui meurt faute de place en réanimation ...
Et si c'était un des nôtres ?
L'hôpital est devenue une entreprise, les malades des clients !
Je préfère ne pas développer le sujet.
Il ne s'agit pas d'un cas isolé car cet été une amie qui a été hospitalisée ailleurs (capitale européenne) suite à de multiples fractures de la colonne vertébrale a eu le même problème.
Deux beaux jeunes hommes sont venus pour prendre les mesures afin de lui fabriquer un corset sur mesure.
Elle a piqué une crise vu dans l'état peu présentable où elle était et les a renvoyé.
Faut-il hurler pour avoir droit à la propreté, la dignité ?
Cette note s'arrêtera là mais la deuxième partie suivra !


